D'Addis Ababa à Isiolo

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Kenya - isiolo
de virginie, le 18-08-2006

D'Addis Ababa à Isiolo

5/08, pas très en forme le jour de notre départ d'Addis pour le sud : musique tardive puis le personnel a commencé la causette devant notre porte à 2h du matin, à 5h quelqu'un a tambouriné en criant à la porte de l'immeuble et à 7h le remue-ménage de l'hôtel est en route. Heureusement, partis après le déjeuner, nous rejoignons sans difficulté Debré Zeit, à 50 km, en 3 heures. Le lendemain, nous commençons à longer les lacs de la vallée du rift. Le 7/08, bloqués par la pluie battante jusqu'à 13h30 à Meki. La route est parfois ennuyeuse, en ligne droite et faux plat montant, et les lacs se cachent souvent derrière les arbres. Pour couronner le tout, un vent de face.

Le 08/08, nous arrivons à la réserve des lacs Abijata et Shalla, nous observons les oiseaux et les gazelles et campons dans le parc.
Je me suis même un peu trop approchée des flamants roses ... enlisée dans les sables mouvants en quelques secondes jusqu'aux genoux ...
Le lendemain, nous rencontrons Anne et Cédric et leur fille Marie, des belges vivant à Nairobie. Nous partons en voiture dans le parc avec eux pour la journée et dînons ensemble le soir. Ils nous font un repas de roi et nous découvrons en avance les délices de la cuisine kenyane : la bière tuster, le camembert kenyan (vraiment délicieux), du vin sud-africain, du pain aux céréales.

Le 10/08, nous atteignons Shashemene, la ville rastafarri de l'Ethiopie. Ambiance très peace. On nous accueille avec des "yeh, men". Déjà les "you, you" tendaient à disparaître et les enfants étaient moins collants mais à partir de Shashemene, changement radical de cadre : on nous salue, les "welcome" résonnent.
Et la route commence à monter, monter, monter ... La végétation devient plus luxuriante ; les cases disparaissent dans les maïs, les ensètes (faux bananiers) et les caféiers, la forêt en toile de fond.

Le 12/08, j'ai l'impression d'être un champion du tour de France. Pendant 50 km, un flot continu de personnes me saluent en criant "bravo, bravo", "bono, bono" ; les enfants se relaient pour nous courir après en riant et hurlant "farennnghi". Jamais vu autant de personnes vivrent dans les montagnes, les maisons se succèdent. Ambiance extraordinaire mais c'est usant car les côtes s'enchaînent. Dès que nous nous arrêtons, aussitôt nous sommes encerclés par une centaine de personnes, une foule compacte qui vous dévisage, même si vous ne buvez qu'un coca.

Le 13/08, une des journées les plus dures physiquement depuis le début du voyage : les côtes de la veille s'accentuent davantage et sont longues. Je pose pied à terre plusieurs fois. Fringale. Je cale avant l'ascension finale. Plus d'une centaine de personnes se pressent pour regarder 2 farenghi se faire des pâtes dans un virage ... J'ai des envies de meurtres ... Sommet atteint après le déjeuner, au moins 800 m de dénivelé en 20 km. La suite est une succession de montées et de descentes. Le soir je suis à ramasser à la petite cuillère ...

Le 14/08, départ de Gerbaa à vélo. Il nous faut trouver un camion pour atteindre Moyale car la zone est presque déserte. La chance nous sourit et en moins d'une heure, un camion s'arrête. Nous sommes à Moyale, ville frontalière dans la soirée.

Le 15/08, réveil à 6h, à 7h15 devant la frontière fermée. Change de nos birrs éthiopiens contre shillings kenyans au marché noir (les banques ne le font même pas et vous renvoient sur le marché noir !), on commence à regarder les prix des camions pour Isiolo qui partent à 9h. 8h30, toutes les formalités effectuées, nous sommes passés à Moyale-Kenya, négociations pour le camion. 9h15, tout est ficelé au sommet d'un camion transportant des vaches et nous prenons place calés entre nos bagages. Départ vers 10h30 après le changement d'un pneu pour 18 heures de galère ... l'une des pires journées de ma vie, nerveusement et physiquement.
La piste est caillouteuse ou en tôle ondulée. La ferraille n'amortit pas les chocs, je suis ballotée, nous resserons les sacs et les vélos à chaque arrêt. Les vélos valsent devant mes yeux, j'ai l'impression d'être dans le space mountain, la sécurité en moins! Le camion roule sous un soleil de plomb et dégage un gros nuage de poussière. Montagne puis désert de pierre et de sable. Même les termitières ont abandonné le décor. Le pire moment c'est la nuit sur la tôle ondulée : un boucan infernal de ferraille, j'ai mal partout, la bâche sur laquelle je suis installée s'enfonce de plus en plus et mes pieds atteignent les cornes puis la bosse et enfin la croupe des vaches.
Arrivée à 2h du matin, fourbus et sales, après 500 km de piste. Nous trouvons un hôtel.
2 jours pour remettre nos velos d'aplomb et laver nos affaires.
Allez, c'est fini, on repart aujourd'hui vers le sud. Premières rencontres, premières impressions, le Kenya me plaît déjà ...

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